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Urbino : histoire et monuments.

La cité semble enchâssée dans les deux collines qui l'abritent, se confondant presque avec elles; les bâtiments se mélangent aux sinuosités du relief et la brique rouge se mêle parfaitement au paysage. La vieille ville apparaît aujourd'hui serrée, fruit d'une incessante expansion urbaine qui, de la Renaissance au 19e siècle, s'est ingéniée à occuper tous les espaces vacants à l'intérieur des remparts du 16e siècle. L'utilisation constante et uniforme de la brique a donné à la cité son aspect parfaitement homogène.

Jusqu’au 15e siècle Urbino était un petit village méconnu, l’essor et la rénovation de la cité antique sont liés aux grandes familles qui gouvernèrent Urbino à la fin du Moyen-age et pendant la Renaissance : les Montefeltro d’abord suivis des Della Rovere. C’est avec celles-ci, et en particulier avec Federico da Montefeltro (1422-1482), que la ville, élevée au rang de capitale, devint l’un des plus hauts centres de l’art et de la culture de la Renaissance italienne. Le Palais Ducal est le symbole de la ville : pour sa construction, commencée au milieu du 15e siècle, Federico da Montefeltro fit appel aux meilleurs architectes de l’époque : d’abord Maso di Bartolomeo, Florentin,  puis Luciano Laurana, Dalmate auquel succéda le Siennois Francesco di Giorgio Martini. Grand condottiere et fin diplomate, Federico utilisa pour la construction de son palais la majeure partie d’une fortune accumulée auparavant au cours des opérations militaires et de négociations politiques dont il s’était chargé pour le compte des principaux états italiens de l’époque.
Le palais, construit au-dessus du vide, à même la crête de la colline, domine la grande place du Mercatale qui fut aménagée à la même époque.
Du haut du palais, on jouit d’une vue magnifique.
Les deux tourelles dont est flanqué le corps central ont presque soixante mètres de hauteur. Les appartements du duc se trouvaient au niveau de la loge supérieure. À gauche, se dresse l’imposante structure du dôme rebâti au 18e siècle.
La Piazza della Repubblica, quoique beaucoup plus modeste quant aux dimensions, est le véritable cœur de la ville : ses arcades, ses cafés fréquentés par les étudiants, le va-et-vient incessant des habitants en font un endroit particulièrement animé. Plus haut, une place majestueuse et solennelle : la Piazza Duca Federico, où se trouve la véritable entrée du Palais Ducal avec, à droite, la façade néo-classique du dôme.
La partie la plus ancienne du palais est formée d’un édifice en longueur, orné de fenêtres jumelées et situé en face de l’église gothique S. Domenico que Federico fit orner d’un splendide portail Renaissance surmonté d’une lunette en faïence, œuvre de Luca della Robbia.
Les Montefeltro étaient traditionnellement condottieri et Federico n’échappa pas à cette règle. A seize ans, il avait été à la tête du Montefeltro sous les ordres de Niccolò Piccinino. En 1444, devenu à l’age de vingt-deux ans seigneur de la ville et du comté d’Urbino, fut avant tout soucieux de se dégager  de cette image de chef militaire. Au contact des grandes familles italiennes de l’époque, lui-même passionné d’humanisme, il voulut que son palais fût à son image, à l’image de sa culture : une demeure princière capable d’accueillir une grande cour.
La Cour d’Honneur est un exemple représentatif de cet idéal de beauté. L’harmonie de ses formes, le rythme cadencé unissant les différents éléments, sa grande luminosité associé au jeu chromatique de la pierre mixte à la brique, en font une espace d’une sobre élégance, ou priment avant tout le sens de la mesure et de l’équilibre.
Un large escalier monumental -modèle du genre- permet d’accéder aux niveaux supérieurs, ou sont réunies aujourd’hui les collections de la Galerie Nationale des Marches qui comprend essentiellement les œuvres de peintres de la région comprises entre le
14e et le 17e siècle, ainsi que plusieurs chefs-d’œuvre, comme « La Flagellation » de Piero della Francesca. Ce tableau, l’un des plus représentatif de la peinture au 15e siècle en Italie, est aujourd’hui encore une énigme pour les nombreux spécialistes qui s’y sont intéressés et qui n’ont pas encore entièrement élucidé son mystère. Sujet fascinant à plus d’un titre, l’expression figée des personnages, le souci du détail et les parfaites proportions de l’ensemble confèrent à cette œuvre une monumentalité pour le moins insolite, qui contraste puissamment avec les dimensions modestes du tableau. A noter également, à coté de « La Flagellation », un autre chef-d’œuvre de Piero della Francesca : «La Madone de Senigallia».

Le cabinet d’étude du duc Federico est, malgré ses minuscules dimensions, une pièce extraordinairement suggestive. Dans cet écrin entièrement recouvert de marqueterie, une savante perspective invente des armoiries entrouvertes, des livres, des tiroirs, de menus objets posés ça et là dans un désordre apparent : quelques biscuits dans leur boite, des fruits, un luth à la corde cassée.
L’armure du guerrier est rangée dans une armoire. Le splendide plafond à caissons œuvre de Juste de Gand et de l’Espagnol Pedro Berruguete, est orné, outre des initiales de Federico, des portraits d’hommes illustres de l’Antiquité et de la Renaissance : philosophes, poètes, savants et théologiens… chrétiens et païens confondus dans une seule et même vision du monde, où le savoir représentait à la fois l’harmonie et la concorde. De son cabinet, le duc accédait directement à la haute loge entourée de ses deux tourelles, et pouvait embrasser du regard la vastitude de son de son duché qui s’étendait à perte de vue.
Mais voici le duc, portraituré par Pedro Berruguete dans la splendeur de sa gloire, tenant dans son bras son fils Guidobaldo. Comme condottiere, Federico s’était fait représenter vêtu de son armure ; comme humaniste, on le voit lisant un volumineux ouvrage. Bien en vue, les décorations reçues par le roi aragonais de Naples et par le roi d’Angleterre : le Collier d’Hermine et l’Ordre de la Jarretière. Ayant perdu un œil dans sa jeunesse au cours d’un tournoi, il est dans ce tableau représenté de profil. Les fenêtres des appartements donnent sur l’un des lieux les plus agréables du palais : le jardin suspendu qui est aujourd’hui entièrement restauré. Un passage ménagé sur les murs d’enceinte reliait les appartements du duc à ceux de la duchesse.

La salle dite « des Anges » doit son nom à la décoration qui orne la grande cheminée centrale. C’est l’une des salles les plus grandes et les plus belles du palais ; l’encadrement des portes est en marbre incrusté, abondamment rehaussé d’or et de bleu ciel. Dans cette salle sont exposées plusieurs œuvres parmi les plus significatives de la pinacothèque. Le tableau intitulé « La Cité Idéale », par exemple, qui est l’une des œuvres les plus suggestives de toute la Renaissance et qui, quoique le nom de l’artiste qui l’exécuta ne soit pas parvenu jusqu’à nous, a certainement été réalisé à Urbino ; puis « La Communion des Apôtres », œuvre de Juste de Gand ; et encore, « La Légende de la Profanation de l’Ostie » de Paolo Uccello.
La grande salle du trône est l’une des plus vastes pièces de l’époque. Malheureusement, elle est aujourd’hui privée de son mobilier d’origine, les parois sont toutefois recouvertes de grandes tapisseries du 17e siècle, copies des tapisseries de la chapelle Sixtine de Rome exécutées d’après les cartons de Raphaël.
La Galerie Nationale des Marches abrite également un chef-d’œuvre de la période florentine de Raphaël, né à Urbino en 1483 : « La Muette » : il s’agit d’un portrait auquel personne n’a cependant été en mesure de fournir une identité. Cette énigme, allié à l’équilibre de la composition et au méticuleux souci du détail, confèrent à cette jeune femme une sorte d’humanité universelle.

La maison natale de Raphaël existe encore ; à l’intérieur se trouve une petite fresque représentant une « Vierge à l’Enfant », et attribuée à la première jeunesse du peintre.

A Urbino les rues montent et descendent constamment. Certaines ruelles sinueuses, S. Andrea, piola S. Bartolo, la Voltaccia, S. Chiara, si elles sont parfois bien raides à grimper, peuvent réserver aux visiteurs quelques belles surprises. Ainsi de la ruelle S. Giovanni peut-on jouir de l’une des vues les plus suggestives sur la ville et le Palais Ducal. L’intérieur de l’oratoire de Saint Jean Baptiste abrite l’un des plus beaux cycles de fresques que le Moyen-Age nous ait laissé ; celles-ci, œuvre des frères Salinbeni de S. Severino Marche, narrent avec la vigueur et la fantaisie propre au gothique, plusieurs épisodes de la vie de S. Jean-Baptiste : sa naissance miraculeuse, ses prédications, le baptême du Christ, en des couleurs à la fois vives et nuancées. Sur la paroi du fond, une grande crucifixion, sous l’intensité dramatique de la scène, percent là encore plusieurs détails narratifs empreints de réalisme : à côté de la Vierge évanouie, une femme court derrière son enfant, un cheval piaffe, un chien se lèche la patte.
Non loin de l’oratoire de Saint Jean Baptiste se trouve l’oratoire de Saint Joseph, qui renferme un chef-d’œuvre de Federico Brandani, artiste originaire d’Urbino : une crèche grandeur nature réalisée en stuc aux environs de 1545.
Tout en haut, se drese la forteresse Albornoz (14
e siècle), d’ou l’on peut admirer en contrebas la ville toute entière : le Palais Ducal, le Dôme , le campanile gothique de l’église S. Francesco…, ainsi qu’un paysage unique s’étendant de collines en collines jusqu’à la chaîne des Appennins. Au loin, l’église S. Bernardino bâtie sur ordre du duc Federico, et dont la réalisation a été confiée à l’architecte Francesco di Giorgio Martini. L’église est un bel exemple de l’architecture du 15e  siècle. L’intérieur typiquement Renaissance est à la fois simple et lumineux.
Les Montefeltro et les Della Rovere ne furent cependant pas les seuls à avoir embelli la ville. A la fin du 18
e siècle, avec l’élection à la papauté de Giovanni Francesco Albani, qui prit le nom de Clemente XI, Urbino allait connaître un nouvel essor. C’est ici que demeurait la famille Albani.
L’attention particulière du pape pour sa ville natale et, plus encore, celle de son neveu, le cardinal Annibale, donna lieu à des nombreux remaniements du tissu urbain. La plupart des anciens édifices furent restaurés ; en particulier, l’intérieur de toutes les anciennes églises gothiques des couvents de la ville : S. Augustin, S. Dominique, S. François. Dans cette dernière se trouve d’ailleurs un très beau retable du 16
e siècle : « Le Pardon d’Assise » de Federico Barocci, dit le Baroche, originaire d’Urbino.
Le Dôme est aujourd’hui un édifice néo-classique. L’effondrement de la coupole en 1789 endommagea gravement la structure première, au point que celui-ci dut être presque entièrement rebâti. Giuseppe Valadier, ‘un des meilleurs architectes de l’époque, surintendant à la « Fabbrica di S. Pietro », fut chargé de sa reconstruction.
La chapelle du Sacrement est par contre restée telle qu’elle était à l’origine ; elle abrite une splendide toile du Baroche : « La Cène ». Les couleur vives et brillants alliées aux accents pathétiques de la représentation sont une constante de l’artiste, comme d’ailleurs l’intrusion intentionnelle de détails domestiques et familiers au sein du sacré. Les objets au premier plan sont empreints d’un réalisme qui semble annoncer le Caravage.
Urbino ne vit pas seulement de son passé. Ville universitaire, Urbino s’est dotée de structures modernes, pour la réalisation desquelles l’architecture contemporaine a dû se mesurer et s’adapter au cadre historique de la ville. Le respect des structures existantes a donné lieu à des réalisations originales, dues en grande partie à l’architecte Giancarlo De Carlo, et qui témoignent constamment d’un seul et même souci d’intégration. Le cités universitaires ont été discrètement réparties à flanc de colline afin de ne pas défigurer le paysage ambiant, tandis que la faculté « Scienze della formazione » trouvait place dans un édifice historique du centre-ville. L’extérieur, en briques rouges, est resté intact, à l’intérieur les innovations les plus hardies de l’architecture contemporaine. Ces réalisations architecturales mériteraient à elles seules d’être vues pour le génie de leurs conceptions urbanistiques.
Les anciennes et les nouvelles architectures, pour une fois, sont dans la quasi-parfaite symbiose.
 

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